Formes Géométriques
La forme peut être donnée de diverses manières : par la coupe, la ligne ou la couleur. Ces trois états sont ici réunis pour façonner ces ensembles.
Comme en témoignent les multiples dessins de recherches autour de la collection SAINT LAURENT rive gauche de l’automne-hiver 1988, Yves Saint Laurent construit sa collection autour de formes géométriques colorées. À l’instar des peintres cubistes, il va jusqu’au bout d’une thématique en la déclinant grâce à de nombreuses combinaisons de lignes, couleurs ou textiles. C’est à l’aide du pastel qu’il réfléchit dès son dessin à différentes compositions. Comme le maître verrier élaborant son vitrail, il sépare les formes de larges ganses noires pour appuyer les lignes du corps féminin. Les textiles choisis pour réaliser ces vestes créent un nouvel effet d’optique par l’alternance de mats ou de brillants, de surfaces lisses ou côtelés et de reliefs engendrés par les ganses et les sequins. Les accessoires, des gants colorés et des chapeaux composés de cubes superposés ou de cônes, prolongent la pensée du couturier.
Yves Saint Laurent avait affirmé l’importance de la forme dès sa première collection chez Christian Dior en 1958, où la majorité des modèles étaient confectionnés à partir du trapèze qualifiant ainsi la ligne de cette collection. La forme reste présente au fil des collections et se retrouve jusqu’à la fin de sa carrière comme l’atteste cette robe de l’automne-hiver 2001 dans laquelle on devine deux triangles inversés.
CLAUDIA WIESER (NEE EN 1973)
Sans titre, 2023
Impression numérique et techniques mixtes
ENSEMBLE D’ACCESSOIRES
Collections haute couture et SAINT LAURENT rive gauche de 1965 à 2000
Techniques mixtes
Ces deux vitrines présentent une sélection de bijoux, chaussures, sacs et gants issus des collections haute couture et SAINT LAURENT rive gauche. L’accessoire n’a rien d’accessoire chez Yves Saint Laurent. Il occupe au contraire une place de choix dans ses créations : complément essentiel de la silhouette, il parfait l’allure. « Les accessoires transforment un vêtement, transforment une femme. » Bien qu’il les dessine rarement, il en a tout de même une vision très précise. Pour les réaliser, il travaille avec des collaborateurs extérieurs, des fournisseurs et des artisans spécialisés tels Scemama (1898-1989) et Roger Vivier (1907-1998). En 1972, son amie Loulou de la Falaise (1947-2011) devient sa plus proche collaboratrice. Son arrivée marque un tournant décisif dans la confection des accessoires. Elle interprète au fil des saisons les goûts et les fantaisies du couturier afin de traduire au plus juste son imaginaire et ce jusqu’en 2002.
ENSEMBLE HABILLE
Collection SAINT LAURENT rive gauche
Automne-hiver 1988
Modèle cliente – Ateliers Jean-Marie et Georges
Satin de soie et satin cuir de soie (maison Abraham)
Treize vestes de la collection SAINT LAURENT rive gauche de l’automne-hiver 1988 sont d’inspiration cubiste. Elles sont façonnées à partir de formes géométriques imbriquées les unes aux autres, découpées dans des matières textiles aux couleurs contrastantes. Celle-ci est composée d’un patchwork en satin cuir – une étoffe qui procure de la brillance et de la rigidité au vêtement – associant cinq couleurs fortes et tranchantes, le rose, le blanc, le noir, le fuchsia et le jaune. Cette veste est portée avec une jupe droite de satin cuir noir et des accessoires qui viennent accentuer la silhouette : un chapeau, créé avec deux cubes fuchsia et noir enchevêtrés. Pour faire la promotion de la collection, notamment dans la presse, Naomi Campbell a été photographiée habillée de ce modèle par Arthur Elgort.