Formes Pures
Tout au long de sa carrière, Yves Saint Laurent inscrit la beauté féminine en lignes, aplats et formes. Dès ses débuts pour la maison Christian Dior, il conçoit des créations légères, tenues par les épaules et non plus par la taille. Cette tendance au dépouillement apparaît de manière constante dans son œuvre et au travers de réalisations discrètes, qui témoignent davantage de rigueur. Yves Saint Laurent trace une silhouette toute en verticalité, essentielle et libérée de tout superflu, afin d’atteindre la pureté de la construction. C’est de cette rigueur que découle son style. Celui-ci est nourri de multiples influences : un tissu, une tendance, un mouvement artistique ou encore les vêtements empruntés au monde du travail. Il adapte ces derniers à la haute couture, pour en offrir une version féminisée. Il réinterprète les codes des « formes permanentes » de ce qu’il appelle « les vrais vêtements ». Ainsi, le jumpsuit, combinaison utile aux aviateurs puis aux spationautes, est transformé en un ensemble monochrome, dont l’élégance est profilée par des lignes simples et fluides. Il devient un classique de la garde-robe Saint Laurent évoquant à la perfection son esthétique « chic décontractée ». La volonté farouche du couturier est d’habiller le corps de la femme, que le tissu suive ses mouvements et ses attitudes. La mode, selon lui, ne doit pas être raide mais bien au service de la femme. Le secret d’un art qui entre en maturité pour toucher l’absolu raffinement, la grâce et l’intemporalité d’un vêtement.
ROBE STOCKHOLM
Collection Christian Dior par Yves Saint Laurent
Haute couture printemps-été 1959
Modèle cliente
Lainage
Lorsqu’après le décès de Christian Dior (1905-1957), Yves Saint Laurent devient à vingt et un ans le directeur artistique de la maison, il poursuit les recherches de son maître autour de la coupe géométrique. Il crée pour le printemps-été 1958 une ligne « Trapèze » aux formes évasées et décintrées permettant de libérer le corps. L’élégance des tenues qui la composent résulte du dépouillement et de la pureté de leur construction. Cette collection est un triomphe. Le couturier prend alors son envol et, soucieux de répondre aux besoins d’une clientèle plus « jeune » que le public traditionnel de la haute couture, il conçoit des lignes plus modernes, compatibles avec la vie pratique des nouvelles générations. Cette robe beige en lainage épais, de l’ensemble dit « Stockholm », est dessinée pour la collection printemps-été 1959. Dotée d’un empiècement de ceinture à la taille et d’un boutonnage sur le devant, elle a une allure moderniste. Elle était portée avec un manteau de la même couleur et matière, avec un large col tailleur, des manches longues, des poches raglan et une ceinture nouée sur le devant.
JUMPSUIT
Collection haute couture
Printemps-été 1975
Prototype – Atelier Jean-Pierre
Gabardine de laine (maison Besson)
Neuf combinaisons pantalon, conçues dans des tons neutres et monochromes pour le jour comme pour le soir, sont dévoilées lors du défilé haute couture printemps-été 1975. La gabardine de laine est ici employée pour sa tenue ferme, qui souligne la rigueur de la coupe. Le premier jumpsuit d’Yves Saint Laurent apparaît en haute couture dans la collection printemps-été 1968. Ce vêtement devient un modèle iconique de sa garde-robe, notamment parce qu’il le décline dans nombre de ses défilés. Réinterprétation féminisée des tenues fonctionnelles portées par les aviateurs, puis les spationautes, il est pensé pour mettre le corps en valeur et offrir une fluidité de mouvement.
ENSEMBLE DE CHAPEAUX
Collections haute couture
De 1965 à 2001
Techniques mixtes
Ces deux vitrines proposent de mettre en lumière les chapeaux Yves Saint Laurent. Le couturier attachait beaucoup d’importance à cet accessoire sans lequel il n’était guère concevable de s’afficher jusque dans les années 1960. Les chapeaux font en effet partie intégrante du style Saint Laurent : ils parachèvent les modèles tout en y ajoutant une touche de fantaisie. Leur production, au cours des quarante années de création, semble exubérante. Elle va du plus simple au plus sophistiqué, du plus neutre au plus coloré. Les formes sont multiples et les matières diverses. Cette extrême variété s’organise tout de même autour de certains axes : les chapeaux de jour/de nuit, les chapeaux d’hiver/d’été, les modèles dérivés du vestiaire masculin ou encore ceux adaptés des cultures lointaines.

